Ouvrir un restaurant : les démarches, dans l’ordre

Immatriculation, déclaration sanitaire, licence, local, travaux, caisse, TVA et premières embauches : les formalités d’une ouverture une à une, ce que chacune exige selon les textes en vigueur en octobre 2026, et le calendrier qui les enchaîne.

Écrit par
Rédaction larijRédaction, à partir des textes officiels
Relu par
Vérification des sources, larijChaque règle contrôlée sur le texte officiel. Relecture par un professionnel en activité à venir.
Publié le
22 octobre 202630 sources · 7 min de lecture

L’immatriculation, sur le guichet unique

Le texte. Depuis le 1er janvier 2023, toute entreprise déclare sa création, ses modifications et sa cessation par un seul dossier, déposé par voie électronique auprès d’un organisme unique : le guichet des formalités d’entreprises tenu par l’INPI. L’entreprise est inscrite au registre national des entreprises. Si vous exercez en entrepreneur individuel, votre patrimoine professionnel est séparé de plein droit de votre patrimoine personnel.

Le guichet ne couvre pas les formalités propres aux activités réglementées. Il permet de joindre au dossier les demandes d’autorisation liées à l’activité, mais vous pouvez aussi les déposer vous-même.

La bonne pratique. L’immatriculation ne remplace aucune des démarches qui suivent : déclaration sanitaire, licence de boissons et autorisations du local se font à part.

La déclaration sanitaire, avant le premier service

Le texte. Tout exploitant qui prépare ou distribue des denrées alimentaires déclare chacun de ses établissements, et les activités qui s’y déroulent, au préfet du lieu d’implantation.

La doctrine. Les restaurants figurent parmi les établissements à déclarer. La déclaration se fait avant le démarrage de l’activité, en ligne par le service de déclaration des établissements ou sur formulaire papier, auprès de la direction départementale chargée de la protection des populations. Aucun délai chiffré n’est fixé par les textes. Elle est à refaire à chaque changement d’exploitant, d’adresse ou de nature d’activité.

Pas d’agrément, sauf si vous fournissez d’autres professionnels

Le texte. Les règles d’hygiène des denrées animales du règlement 853/2004 ne s’appliquent pas au commerce de détail, et un restaurant est un commerce de détail. Un restaurant n’a donc pas besoin d’agrément sanitaire pour servir ses clients, sur place, à emporter ou en livraison. L’agrément redevient nécessaire si vous fournissez des denrées d’origine animale à d’autres établissements, sauf si cette activité reste marginale, localisée et restreinte et ne vise que d’autres commerces de détail.

La doctrine. La fiche officielle limite cette dérogation à 80 km à vol d’oiseau, 200 km sur décision du préfet, et à 30 % de la production, avec des plafonds hebdomadaires par produit. Si vous comptez livrer d’autres professionnels, faites vérifier votre cas par la direction départementale avant de commencer.

Une personne formée à l’hygiène

Le texte. Le fonctionnement d’un établissement peut être subordonné à la présence d’une personne formée à l’hygiène alimentaire. Trois ans d’expérience comme gestionnaire ou exploitant d’une entreprise du secteur alimentaire valent formation.

La durée de la formation, les organismes et les dispenses sont détaillés dans le guide consacré à la formation à l’hygiène.

La licence de boissons et le permis d’exploitation

Le texte. Pour servir de l’alcool avec les repas, un restaurant détient une petite licence restaurant (boissons du groupe 3) ou une licence restaurant (toutes les boissons autorisées), toujours à l’occasion des principaux repas. La licence se déclare par écrit en mairie, ou à la préfecture de police à Paris, quinze jours au moins avant l’ouverture, avec le permis d’exploitation, valable dix ans et délivré après une formation obligatoire.

Le choix de la licence, la déclaration, la formation et les sanctions sont détaillés dans le guide sur les licences et le permis d’exploitation.

Le local : la destination et l’urbanisme

Le texte. Pour le Code de l’urbanisme, la restauration est une sous-destination de la destination « commerce et activités de service », comme le commerce de détail, l’hôtellerie ou les services avec accueil de clientèle. Une cuisine dédiée à la vente en ligne, sans salle, relève d’une autre destination : celle des autres activités des secteurs secondaire ou tertiaire.

Dans sa rédaction issue du décret n° 2026-117 du 20 février 2026, l’article R*421-17 soumet à déclaration préalable le changement de destination d’un bâtiment existant d’une destination à une autre, par exemple d’un logement ou d’un bureau vers un restaurant. Le passage d’une sous-destination à une autre dans la même destination, par exemple d’une boutique à un restaurant, n’est pas contrôlé à ce titre. Si les travaux qui accompagnent le changement de destination modifient les structures porteuses ou la façade, il faut un permis de construire.

La bonne pratique. Faites ces vérifications auprès du service de l’urbanisme de la mairie avant de signer le bail : un local qu’on ne peut pas transformer en restaurant ne vous sert à rien.

Les travaux du local

Le texte. Un restaurant est un établissement recevant du public. Les travaux qui le créent, l’aménagent ou le modifient ne peuvent commencer qu’après une autorisation de l’administration, qui vérifie l’accessibilité et la sécurité contre l’incendie. Si un permis de construire est nécessaire, il tient lieu d’autorisation une fois que l’autorité chargée des établissements recevant du public a donné son accord.

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 prévoit de remplacer l’autorisation par une déclaration de conformité, certifiée par un tiers, pour les établissements de moins de 300 m² équipés d’un système d’extinction adapté au risque d’incendie, ou situés dans une gare, qui gardent la même activité. Ses conditions doivent être fixées par un décret en Conseil d’État : tant qu’il n’est pas paru, l’autorisation reste la règle.

Le classement du local, la sécurité incendie et l’accessibilité sont détaillés dans le guide sur le local.

La caisse : un certificat ou l’attestation de l’éditeur

Le texte. Si vous êtes assujetti à la TVA et que vous enregistrez les paiements de vos clients avec un logiciel ou un système de caisse, celui-ci doit garantir l’inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l’archivage des données. Vous le prouvez par un certificat délivré par un organisme accrédité ou, de nouveau depuis le 21 février 2026, par une attestation individuelle de l’éditeur conforme au modèle de l’administration. La loi de finances pour 2025 avait supprimé cette attestation ; celle pour 2026 l’a rétablie.

Sans justificatif, l’amende est de 7 500 € par logiciel ou système de caisse, et vous avez ensuite soixante jours pour vous mettre en conformité. Les entreprises en franchise en base de TVA sont dispensées.

La TVA

Le texte. La déclaration d’existence auprès des impôts se fait dans les quinze jours du début de l’activité. Les taux d’un restaurant sont les suivants :

Ce que vous vendez Taux
Repas et boissons sans alcool consommés sur place 10 %
Plats préparés vendus à emporter ou livrés pour une consommation immédiate 10 %
Boissons alcooliques, sur place comme à emporter 20 %
Denrées alimentaires vendues hors consommation immédiate (sauf alcool, confiseries, certains chocolats) 5,5 %

Ces règles figurent aux articles 278, 278-0 bis, 279 et 286 du Code général des impôts. Ces articles seront abrogés au 1er janvier 2027 et repris dans le Code des impositions sur les biens et services : leurs numéros changeront à cette date.

Avant la première embauche

Le texte. Aucune embauche ne peut avoir lieu avant la déclaration préalable à l’embauche, faite par voie électronique auprès des organismes de protection sociale ; à défaut, elle peut être envoyée sur formulaire en recommandé avec avis de réception, au plus tard le dernier jour ouvrable avant l’embauche.

Chaque salarié est inscrit au registre unique du personnel, dans l’ordre des embauches et de façon indélébile ; les stagiaires y figurent dans une partie à part. Le registre est tenu à la disposition des représentants du personnel et des agents de contrôle.

Chaque salarié passe une visite d’information et de prévention dans les trois mois de sa prise de poste ; les travailleurs de nuit ont un suivi régulier. Vous affichez l’adresse et le numéro du service de santé au travail, des services de secours et de l’inspection du travail, avec le nom de l’inspecteur. Enfin, vous mettez en place une complémentaire santé collective, dont vous financez au moins la moitié.

Le calendrier

Quand Quoi
Avant de signer le bail Vérifier la destination du local et les autorisations d’urbanisme nécessaires
Avant les travaux Obtenir l’autorisation de travaux, ou le permis de construire qui en tient lieu
Dès que possible Immatriculer l’entreprise sur le guichet unique
Avant de déclarer la licence Suivre la formation du permis d’exploitation
Quinze jours au moins avant d’ouvrir Déclarer la licence en mairie
Avant le premier service Déclarer l’établissement à la direction départementale de la protection des populations ; avoir une caisse certifiée ou attestée
Avant chaque embauche Faire la déclaration préalable à l’embauche et inscrire le salarié au registre
Dans les quinze jours du début d’activité Déposer la déclaration d’existence à la TVA
Dans les trois mois de chaque embauche Visite d’information et de prévention

Sources

  1. Code de commerce, article L123-33 (dossier unique)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  2. Code de commerce, article R123-1 (organisme unique)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  3. Code de commerce, article L123-36 (registre national des entreprises)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  4. Code de commerce, article L526-22 (entrepreneur individuel)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  5. Code rural et de la pêche maritime, article R233-4 (déclaration des établissements)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  6. Code rural et de la pêche maritime, article L233-2 (agrément)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  7. Code rural et de la pêche maritime, article L233-4 (formation à l’hygiène)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  8. Règlement (CE) n° 853/2004, version consolidée au 15 février 2023, article 1erOffice des publications de l’Union européenne, consulté le 21 octobre 2026
  9. Règlement (CE) n° 178/2002, version consolidée, article 3Office des publications de l’Union européenne, consulté le 21 octobre 2026
  10. Agrément sanitaire et déclaration (F33822)Entreprendre Service-Public, consulté le 21 octobre 2026
  11. Code de la santé publique, article L3331-2 (licences restaurant)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  12. Code de la santé publique, article L3332-3 (déclaration d’ouverture)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  13. Code de la santé publique, article L3332-1-1 (permis d’exploitation)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  14. Code de l’urbanisme, article R151-27 (destinations)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  15. Code de l’urbanisme, article R151-28 (sous-destinations)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  16. Code de l’urbanisme, article R*421-17, version issue du décret n° 2026-117 du 20 février 2026Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  17. Code de l’urbanisme, article R*421-14 (permis de construire)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  18. Code de la construction et de l’habitation, article L122-3, version du 28 mai 2026Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  19. Code général des impôts, article 286Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  20. Code général des impôts, article 1770 duodecies, version du 21 février 2026Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  21. Loi de finances 2026 : rétablissement de l’attestation de l’éditeur des logiciels de caisseLégiFiscal, consulté le 21 octobre 2026
  22. Code général des impôts, article 278 (taux normal)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  23. Code général des impôts, article 278-0 bis (taux de 5,5 %)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  24. Code général des impôts, article 279, version du 1er mars 2026 (taux de 10 %)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  25. Code du travail, article L1221-10 (déclaration préalable à l’embauche)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  26. Code du travail, article R1221-5 (DPAE électronique)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  27. Code du travail, article L1221-13 (registre unique du personnel)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  28. Code du travail, article R4624-10 (visite d’information et de prévention)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  29. Code du travail, article D4711-1 (affichage des contacts)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026
  30. Code de la sécurité sociale, article L911-7 (complémentaire santé)Légifrance, consulté le 21 octobre 2026

Historique

  1. Version 1, première publication

Une erreur ? Dites-le nous : nous la vérifions avec la source et nous la corrigeons publiquement.

Aussi dans « Ouvrir ou reprendre »

  1. Terrasse, enseigne et musique : autorisations, taxes et redevances

    Une terrasse sur le trottoir demande un titre et une redevance, et ne se chauffe plus en plein air. Une enseigne peut demander une autorisation et doit s’éteindre la nuit. La musique diffusée ouvre droit à deux rémunérations. Les règles, texte par texte.

  2. Licence de boissons et permis d’exploitation : ce qu’il faut pour servir de l’alcool

    Petite licence restaurant, licence restaurant, licence III ou IV : laquelle choisir, comment la déclarer en mairie quinze jours avant d’ouvrir, et pourquoi rien ne se déclare sans le permis d’exploitation, obtenu après une formation d’au moins 20 heures.

Une lettre par mois : ce qui change pour vous.

Les règles qui arrivent, les dates à noter, quelques adresses. Courte, utile, et vous la quittez d’un clic.